etienne fillol . fr [ blɔɡ a dø mɛ̃ ɡoʃ ]

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

mardi, mai 15 2012

Le (premier) jour, Dieu créa l'homme

egalite_homme-femme.jpgMardi 15 mai 2012, premier jour. L'égalité homme-femme commence bien :

Président homme...

Premier Ministre homme...

.. et cabinet de la Présidence composé de sept hommes sur huit.

Vivement l'annonce du gouvernement...

  • Mise à jour du 16 mai 2012*

... et le deuxième jour, Hollande créa la parité. Stricte et vraie. Il l'a dit (Sarkozy aussi), il l'a fait (pas Sarkozy).

mercredi, mai 9 2012

Grèce : l'arbre (brun) qui cache la forêt (rouge)

drapeau_grec.jpgLa Grèce a voté. Elle aussi. Et qu’a-t-on retenu dans les journaux télévisés ? Que le parti néo-nazi a obtenu le score invraisemblable de 7% et faisait son entrée au Parlement. C’est vrai que c’est effrayant. Certes. Mais où sont donc passés les 93% des voix dont nos journalistes-à-la-rigueur-sans faille ne parlent pas ? Parce que les 7% font peur, mais ce sont les 93% qui vont faire le choix politique dans ce pays et donc en Europe.

La réponse précise est ici :

  • Nouvelle Démocratie (conservateurs) : 18,85 % (108 sièges)
  • Syriza (extrême gauche): 16,78% (52 sièges)
  • PASOK (socialistes): 13,18% (41 sièges)
  • KKE (parti communiste): 8,48% (26 sièges
  • Gauche démocrate (gauche radicale): 6,11% (19 sièges)
  • Aube Dorée (néo-nazis): 6,97% (21 sièges)
  • Grecs Indépendants (nationalistes); 10,60% (33 sièges)

euro.jpgOù l’on peut lire que la gauche du « PS » totalise 31,37% des voix.

Où l’on peut lire que les socialistes passent de 44% des voix en 2009 à 13% en 2012, après avoir éreinté des années durant le peuple grec sous le joug écrasant d’une austérité aussi inhumaine qu’inefficace.

Où l’on peut lire que l’UMP locale passe de 34% en 2009 à 19% cette année, pour les mêmes raisons que leurs amis et alliés socialistes.

L’échiquier politique grec est donc aujourd’hui extraordinairement complexe. Il est de grande importance sur les choix à venir, pour le pays et donc pour l’Europe toute entière.

parlement_europeen.jpgNe retenir que les 7% obtenus par une bande de fous furieux est une faute journalistique. Répétée sur tous les plateaux télés, elle confine à la bêtise. Car ce qui se passe en Grèce est majeur pour tout le continent et se contenter de pleurer sur le vote de colère n’est que courte vue.

En Grèce, l’étranglement du peuple, c’est non.

Acte 1.

Avis aux amateurs.

lundi, mai 7 2012

Toi président de la République...

Cher François,

f_hollande_projet.jpg« Toi président de la République », je ne l’ai pas souhaité. A l’automne, j’ai quitté le Parti Socialiste que tu as dirigé plus d'une décennie sans en faire autre chose qu’un rassemblement mou aux orientations douteuses. J’ai quitté le PS quand tu as été désigné candidat parce que c’était le signe final d’une orientation socio-libérale qui ne me seyait pas.

« Toi président de la République », j’ai l’impression de savoir déjà ce que tu en feras. Ces six mois de campagne l’ont montré, ces six mois que tu as passés à droitiser le projet socialiste, à reculer, à concéder au néo-libéralisme, à tant vouloir te présenter comme « raisonnable » aux yeux de la finance.

« Toi, président de la République », ton projet nous dit que tu ne feras que le minimum pour enrayer la casse. Il y a des signes qui ne trompent pas : ton obsessions de la dette, cette propension que tu as de rassurer en permanence « les marchés ». Et ces choix hautement démonstratifs de tes reculs : plus question de progressivité de la CSG dans ton projet, la pseudo-augmentation de l’imposition des plus hauts revenus à 45% quand elle était à 52% en 2002, ton « contrat de génération » qui n’est qu’une mesurette sans intérêt et sans efficacité sur le chômage de masse, tes propos douteux sur l’immigration qui concèdent plus à une droite agressive qu’à un humanisme de gauche…

francois-hollande-25-04-2007.jpgBien sûr, qu'on ne s'y trompe pas, « toi, président de la République », cela vaux mieux qu’une droite qui démolit, brique après brique, la République, les services publics, les plus fragiles, l’image du pays dans le monde… Oui, cela vaut mille fois mieux. Mais « toi président de la République », je crains que cela ne soit rien d’autre que l’arrêt du massacre. Et encore, si la crise ne te sert pas de prétexte à ne même pas assumer les soixante engagements qui ont été les tiens lors de cette campagne.

Pourtant, cher François, il n’est pas trop tard pour le volontarisme, il n'est pas trop tard pour en faire plus que tu ne l'as promis. C’est même maintenant que nous allons savoir :

« Toi, président de la République »… étonne moi.

mardi, février 28 2012

Debout les forçats du FN

Évidemment, mes amis souriront de me voir ici commenter des sondages, quand ils savent ce que j’en dis quand l’envie m’en prend. Les tripatouillages en tous genres qu’ils représentent, depuis la formulation des questions jusqu’aux « calculs » et autres « redressements », en passant par les méthodes douteuses employées…

sondage.gifMais je reviens juste ici sur un sondage TNS Sofres sorti dimanche à propos du vote ouvrier.

Ce vote ouvrier qui alimente les commentaires des plateaux télés et les colonnes Times New Roman de nos chers journaux. Ce vote ouvrier qui, de façon unanime chez les experts hantant les médias, est un enjeu fort. Ces ouvriers qui ont tant voté Sarkozy en 2007, ces ouvriers qui se tournent aujourd’hui vers Le Pen. Ces ouvriers que Hollande peine à convaincre. Ces ouvriers qui n’entendent même pas le Mélenchon qui prétend pourtant les défendre.

Bref, en un mot : ces ouvriers qui étaient tous à gauche il y a 30 ans et qui aujourd’hui préfèrent la droite et surtout l’extrême-droite. Preuve absolue du fait que la gauche est nulle. Même pas capable de convaincre ses électeurs naturels.

Voilà de quoi nous sommes abreuvés depuis des mois. L’ouvrier vote Font National car il est désespéré. Un peu idiot en somme, l’ouvrier : il trouve une solution de facilité dans un vote protestataire, mais ce n’est pas sa faute. Il n’est pas très éduqué et très désespéré. On ne lui en veut pas ma bonn’ dame, nous on se contente de constater et commenter. Il est frontiste, il est frontiste. C’est mathématique.

Extraits :

  • Challenges : « Pour le moment, la présidente du FN domine largement [Mélenchon] chez les ouvriers (37% contre 12% selon l'Ifop) »
  • France Soir : « Chez les ouvriers, c'est le candidate du Front national qui mène le bal (34% disent vouloir voter pour elle). 23% d'entre eux choisissent François Hollande et 15%, le président-candidat Sarkozy »
  • L’Express : « Selon un sondage réalisé par l'Ifop, 25% des sympathisants de FO et 22% de ceux de la CGT veulent voter Le Pen à l'élection présidentielle. Comment expliquer ces scores aussi élevés ? »
  • etc.

Alors…

Alors un petit sondage, fort peu commenté, sorti dimanche dernier : A la question « Parmi les candidats suivants engagés dans la campagne présidentielle, quels sont ceux qui vous paraissent le mieux défendre les ouvriers ? », les ouvriers répondent : Hollande 31%, Mélenchon 25%, Bayrou 13%, Sarkozy 12%, le Pen 12%, Joly 7%, Artaud 7%, Villepin 4%, Poutou 3%, Dupont-Aignan 1%.

… ce que l’on peut résumer par : « d’après ce sondage, 73% des ouvriers votent à gauche » (NB : ce qui est parfaitement faux, car en réalité la notice technique du sondage indique que plusieurs réponses étaient possibles. Mais à tripatouillage, tripatouillage et demi ; je fais bien dire ce que je veux aux chiffres moi aussi, non ?)

Tu as raison camarade-journaliste : les ouvriers votent front National.

CQFD SLPT

Ce qu’il fallait déblatérer.
Sur les plateaux télé.

samedi, février 11 2012

Hollande, ambition zéro. Episode 1 : l’impôt

hollande.jpgLe plus étonnant dans un parti politique c’est le suivisme. Le Parti Socialiste, que j’ai quitté, ne déroge pas à la règle. Le suivisme y est routinier autant que moutonnier. Voyez ces centaines de milliers de militants qui votent fièrement des textes –à grand renfort de multiples débats dans les sections et les fédérations–, des projets et qui regardent, sans s'émouvoir, un candidat s’en affranchir tant et plus par sa décision personnelle. S’en affranchir… toujours en le restreignant bien sûr. Toujours moins loin, toujours moins d’audace, toujours moins d’imagination.

Les exemples foisonnent chez Hollande. La tiédeur de son programme ferait presque passer le projet du Parti Socialiste de mai dernier pour une envolée trotsko-guevariste. Ce qu’il n’était pourtant pas. Mais Hollande réussit le tour de force de reculer encore, mois après mois, concession à l’ordre établi après concession au système installé.

impots.jpgHollande, ambition zéro. Aujourd’hui : l’impôt.

En matière fiscale, le projet socialiste s’inspirait ouvertement du livre de Camille Landais, Thomas Piketty et Emmanuel Saez : « Pour une révolution fiscale ». Le PS disait à l’époque : « Pour davantage de justice dans les impôts, nous fusionnerons l’impôt sur le revenu et la CSG dans un impôt citoyen plus progressif et prélevé à la source. » Et les militants socialistes ont voté cela. A une écrasante majorité.

Et que nous annonce Hollande aujourd’hui ? Un recul général, rien que de très « normal » en somme.

Progressivité ? La CSG s’élève à 7,5% de tous les revenus. C’est un impôt intéressant mais qui a le défaut majeur d’être au même taux pour tous les niveaux de revenus. Pas progressif. Que dit Jérôme Cahuzac, le fiscaliste du programme Hollande ? « La CSG progressive a déjà été tentée en 2000-2001 et le Conseil constitutionnel l'avait censurée ». Clap de fin.

Fusion de l’impôt sur le revenu et de la CSG ? Le même Cahuzac balaie déjà : « Si les conditions le permettent (…) alors comme l'indique le programme la fusion à terme interviendra ». N’y revenons pas, ils n’y reviendront pas.

Prélevé à la source ? Cahuzac toujours : « C'est techniquement très compliqué. Dans le programme de François Hollande, il n'est pas fait mention de ce prélèvement à la source». Fermez le ban.

Nous l’avons compris, en fait de révolution fiscale, Hollande nous sert des mesurettes. Quelles sont-elles ?

La tranche de 45% pour les plus hauts revenus ? Magnifique ! Depuis 2002, la droite l’a fait passée de 52% à 41%... et Hollande a pour ambition de fixer la barre à 45%, c’est-à-dire ne même pas corriger les cadeaux faits aux plus fortunés. Brrrrr., tremblez les riches, tremblez.

La modulation du quotient familial en abaissant le plafond de 2300 € à 2000 € ? Waouh !... quelle vision pour la France.

mouton.jpgReste le rétablissement d’un ISF digne de ce nom. C’est digne, mais c’est le minimum qu’on puisse attendre d’un candidat de gauche qu’il défasse ce que la droite a fait de cadeaux aux plus fortunés. Reste l’idée de revenir sur une partie des niches fiscales accordées depuis 10 ans par la droite. Oui, c’est bien là un minimum.

En cela, le projet de Hollande restera toujours meilleur que celui de la droite.

Mais c’est si peu, c’est si dénué d’ambition que je crois que j’ai envie d’en pleurer tout de même. Et je m‘étonne que mes amis socialistes, qui ont voté il y a quelques mois un projet sur lequel Hollande s’assoit tant et plus, ne pleurent pas avec moi.

samedi, janvier 7 2012

Médaille d’or du parachutisme et prix nobel d’économie

parachute.jpgSanglé et harnaché dans les règles de l’art, ce bon vieux Jack, over-retraité du PS nous refait le coup du largage sur Saint-Mère l’Eglise, l’airdrop sur Omaha Beach. Parachute kaki sur le dos, crème de jour sur le front et flûte à bec aux lèvres… le voilà qui débarque dans cette bonne ville de Saint-Dié, Vosges.

Ah ah ah… Sacré Jack. 72 ans et en route pour un sixième mandat parlementaire.

Après le Conseil de Paris en 1983, le gentil soldat rose effectue un premier parachutage à Blois en 1986, un deuxième dans le Pas-de-Calais en 2002 et le voilà maintenant qui saute de l’avion au-dessus des forêts vosgiennes en 2012.

Avec au passage des élections dans les conseils municipaux, généraux, régionaux et européens, mais n’ergotons pas s’il vous plait…

lang.jpgEnfin… que les Vosgiens se rassurent : le Jack ne changera pas ses habitudes, il continuera de ne fréquenter que les beaux quartiers de la Place des Vosges à Paris. Ce n’est pas lui qui viendra semer la zizanie là-bas dans l’Est, il n’y mettra pas les pieds. Cochon qui s’en dédit.

Que les parlementaires se rassurent aussi, quelle que soit sa terre d’élection, il ne mettra pas non plus les pieds à l’Assemblée nationale, croix d’bois croix d’fer, si j’mens j’me fais parachuter dans le Vaucluse en 2017.

Y a des jours comme ça où c’est si bon de ne plus être membre du PS.

einstein_theorising.jpg… Pis y a des jours comme ça où c’est si bon de ne pas être au Modem non plus : ce soir sur France 2, François Bayrou nous donne un cours d’économie pour les nuls : « Le déficit du commerce extérieur français, c’est 75 milliards… ça fait 3 millions de salaires moyens en France… et vous savez quoi ? 3 millions c’est le nombre de chômeurs en France… CQFD »

Aaaaaaaaaaaah… !

Ah ben ouais ch’suis con aussi moi… ‘Taing’ ! y avais pas pensé… trop fort ce Bayrou. Mériterait aussi un airdrop sur Saint-Mère L’Eglise, c’uis-là.

Les guignols sont passés. Fermez le ban.

mardi, novembre 8 2011

L'effraction

baroin.png

Oui, Monsieur Baroin, vous avez raison : en 1997, il y a bien eu quelqu'un au pouvoir "par effraction". Il s'appelait Jacques Chirac et il est resté Président de la République après avoir perdu les élections législatives qu'il avait lui-même provoquées. Parce que tel était son bon plaisir. En restant Président, il foulait alors aux pieds la démocratie, la République, les électeurs, les Français.

Oui, alors c'était bien un voleur par effraction. Vous le souteniez d'ailleurs.

mercredi, novembre 2 2011

Au revoir

logo-ps_nouveau.jpgLes socialistes ont choisi leur candidat au travers d’une primaire. De ceci je voudrais dire un mot. François Hollande a été élu. De cela je vais parler également.

Tout à leur bonheur d’une primaire « réussie », les socialistes ont le sourire. Les médias, unanimes, ont trouvé l’exercice formidable. Certains à droite se verraient bien l'appliquer à leur propre camp, c’est dire. Le concert de louanges est général. La primaire c’est bien, la primaire c’est moderne, la primaire c’est démocratique.

Pourtant, le soufflet retombera vite. La campagne présidentielle commencera. Et de la primaire il faudra tout oublier.

La primaire

« Réussie » pourquoi ? Parce que les candidats ne se sont pas insultés. Formidable. Parce que le vainqueur a obtenu un score net, l’inverse aurait, parait-il, été gênant. Magnifique. Parce que 2,8 millions d’électeurs se sont déplacés. Et alors ? Parce que la droite est gênée aux entournures à sept mois du scrutin présidentiel. La belle affaire.

primaires-comment-ca-marche.pngToute « réussie » qu’elle soit présentée, la primaire me déplait. Son essence même me rebute. C’était le cas avant. Ça l’est toujours. Qu’elle siée au barnum médiatique n‘y change rien. C’est une idée imbécile, la manifestation de l’aboutissement des renoncements du PS. Celle de son effilochement depuis le début des années deux mille.

1°) Toutes les démocraties parlementaires de la planète ont un principe simple : le parti vainqueur des élections législatives gouverne le pays. C’est le système le plus démocratique de la planète, nos voisins qui ont inventé la démocratie ont raison. Et dans ces pays, c’est évidemment le chef du parti majoritaire qui devient le premier ministre du gouvernement : quand les militants d’un parti élisent leur leader, ils savent qu’ils choisissent le futur dirigeant du pays. Mais pas chez nous. Pas au parti socialiste où l’on décide que le chef du parti n’est pas le candidat à l’élection présidentielle. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? Pourquoi rassembler quand on peut si bien diviser ? Pourquoi organiser son programme sur plusieurs années et sur la base de débats foisonnants quand on peut l’improviser quelques mois avant sur le mode de la personnalisation d’un seul ? Pourquoi désigner simplement quand on peut organiser une mièvre course à l’échalote ou les postures stratégiques personnelles d’un Montebourg concurrencent le régime réussi d’un candidat qui a changé ses lunettes ?

2°) Au PS, on pousse même le ridicule jusqu’à choisir Royal en 2007 quand Hollande est premier secrétaire du parti et… Hollande en 2012 quand il ne l’est plus et qu’il n’a rien fait de plus ni de moins, depuis. C’est dire, de surcroit, si les choix dans de telles primaires sont rationnels, posés et intelligents et reposent sur la capacité des hommes politiques à gouverner. C’est dire le niveau des votes.

mitterrand-coup-d-etat-permanent.jpg3°) Les primaires sont le paroxysme des travers de la Vème République. Elles sont l’apogée de la présidentialisation de notre régime politique. Elles tournent au radio-crochet où l’apparence compte plus que les idées. Pour ma part, j’aime la politique, j’aime l’idée qu’on puisse transformer la société dans ses travers les plus graves, je ne veux pas me contenter de choisir la veste de telle ou tel, de choisir entre la posture de l’un et celle de l’autre. La personnalisation du débat affaiblit l’idéologie. Et par là-même elle affaiblit la démocratie. Que ce soit la gauche qui porte le principe des primaires est attristant. Cette gauche dont le joyau est la République, qui est censée porter la tradition de parlementarisme mais l’oublie toujours plus à chaque élection présidentielle. Et que ce soit Arnaud Montebourg, porteur politique initial de la VIème République parlementaire, qui ait poussé aux primaires est tout un symbole des renoncements du PS.

4°) Les primaires alimentent l’espoir permanent et imbécile de l’homme ou la femme providentiel(le). Toujours. Tout le temps. Partout. Systématiquement. En 2007 où Royal était prétendument la seule qui pouvait l’emporter. On a vu le résultat. Cette année, où DSK était l’homme qui allait nous sauver, sans même avoir rien dit. Exit DSK, voilà immédiatement que Hollande devient cet homme miraculeux qui n’avance guère d’idées mais se place « au-dessus ». Et ne nous mentons pas, ce sont bel et bien les médias et les sondages qui fabriquent cela. Le Parti Socialiste est tellement à la dérive d’idées qu’il choisira toujours celui ou celle que les médias adoubent. Il a si peur de perdre encore qu’il élira toujours celui ou celle que les sondages placent en tête. Foin des idées. Foin du charisme des hommes, le PS en est réduit au choix qui le rassure. De quel parti politique parle-t-on alors ? En tout cas pas d’un « parti qui concoure à la démocratie », comme l’affirme notre constitution. Mais d’un parti en déliquescence dont les idées n’influent pas sur la société, un parti qui se contente d’écouter les rumeurs de cette société, sans plus chercher à la transformer.

Le candidat Hollande

hollande.jpg1°) Hollande et l’obsession de la dette : Un homme de gauche qui n’est pas choqué par la règle d’or, en est-ce bien un ? Quand la droite s’essaie à constitutionnaliser une règle qui vise à ce que personne ne puisse revenir sur sa politique néolibérale, c’est de la stratégie. C’est économiquement imbécile mais stratégiquement intelligent. Quand le candidat du PS reprend à son compte cette règle d’or qui grave dans le marbre de la constitution l’asservissement du politique aux règles libérales du marché, c’est tout simplement du renoncement aux idéaux qui devraient conduire la gauche. Au-delà, toute la campagne de François Hollande a reposé sur « une gauche de raison », « une gauche crédible », « une gauche sensible aux réalités du marché ». Pas une fois quelqu’un n’a entendu l’auto-proclamé candidat normal afficher la moindre volonté de transformer le système.

2°) Le « candidat normal ». Dans une France, dans une Europe, dans un Monde aussi dévastés par l’économie financière qui détruit tout, à commencer par la protection des plus faibles, est-ce d’un candidat normal dont nous avons besoin ? Certainement pas. Le candidat normal accompagnera tout cela sans faire de vague. Surtout pas de vague auprès des Moody’s et autres Standard & Poor's qui imposent leur AAA (autre mot pour politique d’austérité et affaiblissement des plus faibles). Le candidat normal, c’est le centrisme. Il n’est que de voir dans les médias les lieutenants de l’impétrant se démarquer, déjà, du projet socialiste : qui fustigeant les emplois aidés, qui dénonçant les dépenses qui ne pourront toutes être réalisées. C’est pourtant de gauche dont nous avons besoin. Ce candidat-là n’est que teinté de gauche. C’est trop peu.

3°) Le « contrat de génération ». Ah ! La bonne vieille recette éculée de la réduction des cotisations patronales ciblant des catégories ! Mille fois employée (surtout par la droite, soit dit en passant) et qui n’a jamais abouti au moindre résultat, si ce n’est une perte de rentrée fiscale et un effet d’aubaine pour les entreprises. C’est pourtant la mesure-phare de Hollande, c’est dire le niveau de transformation sociale que le candidat PS envisage. Niveau zéro. Tout juste peut-on espérer que la grande réforme fiscale qu’il a annoncée se fasse jusqu’au bout, c’est-à-dire égalitaire et sans concession. Mais déjà un doute nous vient à force de précautions oratoires de la part du camp Hollande.

4°) Les embauches dans l’Éducation Nationale : Je souscris ! Mais aussitôt, une question me vient : et alors ? Parce que déjà le candidat module en précisant que cela se fera au détriment d’autres postes dans la fonction publique, comme si les hôpitaux et la police étaient en sureffectifs et pouvaient être déshabillés au bénéfice de l’embauche d’enseignants. Lui aussi, comme la droite, pense plus à réduire les dépenses publiques qu’à augmenter les recettes par une politique économique et sociale volontariste. Ainsi, il valide les postulats de la droite, tout juste les modulant, les mâtinant d’un discours vaguement progressiste. Et puis soixante mille postes créés dans l’Éducation Nationale, soit… mais où est le projet éducatif là-dedans ? Il n’y en a pas. La France est pourtant, depuis des décennies, dotée d’un système éducatif parfaitement inégalitaire –les comparaisons avec les autres pays sont dans ce domaine effrayantes– et il s’agit, si l’ont veut transformer vraiment la société, de fabriquer une révolution éducative. Dans les programmes (aujourd’hui destinés à bourrer le crâne des enfants), les rythmes (aujourd’hui épuisants), les organisations (supprimons les grandes écoles !), les procédés, etc. Ce ne sont pas des créations de postes, plâtre sur un mur qui s’effondre, qui fabriqueront le changement.

Alors…

Non, le Hollande, au plan média très huilé depuis des années mais qui affiche tant ses renoncements, ne peut pas être mon candidat. Non, je ne peux me satisfaire d’un PS devenu si liquide qu’il n’est pas même capable de désigner lui-même son candidat à l’élection présidentielle.

logops.jpgAlors… à quoi sert d’être encore membre du Parti Socialiste ?

En être pour participer aux idées ? Imbécile puisque le système de l’élection présidentielle au suffrage universel direct dans lequel se vautre le PS induit que le programme porté par ce candidat peut s’affranchir tant et plus du projet eu Parti. Hollande le montre en ne reprenant ce projet que du bout des lèvres et pour la forme… et en affichant déjà sa volonté d’en enlever les bouts les plus à gauche.

En être pour choisir nos futurs gouvernants ? Inutile puisque le PS a délégué ce choix aux sympathisants. Une pièce d’un euro suffit.

Au vrai, il n’y a plus guère que deux raisons d’adhérer à ce parti : 1°) coller des affiches au fil des élections nationales et locales. C’est respectable mais ce n’est pas ma vocation. 2°) se faire élire. C’est respectable mais je n’y aspire pas.

Alors ?

Alors, cher Parti Socialiste, j’ai fait un bout de chemin avec toi. Pas assez impliqué sans doute, la faute au temps qui manque, la faute au fait que je suis ton « aile gauche », si souvent minoritaire en ton sein, fatigué de toujours devoir lutter pour affirmer fièrement la gauche.

Oui, cher Parti Socialiste, tu m’as fatigué. Je te laisse donc suivre ton chemin. Ce n’est pas le mien. Tes idées ne sont pas toujours les miennes, ton « candidat normal » n’est pas le mien, son programme n’aspire à aucune transformation sociale profonde. Que tu te complaises dans l’exercice hyper-présidentiel de la Vème République va à l’encontre de ma république parlementaire rêvée.

Je ne te quitte pas fâché. Je te quitte un peu triste. Peut-être nous retrouverons-nous un jour. Le jour où tu auras retrouvé l’envie de changer la vie. Je n’y crois guère. Mais je continue de l’espérer.

En attendant, je crains qu’en 2012… l’UMP… Sarkozy…

lundi, septembre 26 2011

De l’audace : ici et maintenant

Le Sénat est à gauche. Dans ce scrutin indirect, c’est l’aboutissement de toutes les défaites de la droite aux élections locales ces dernières années. C’est aussi le point de départ de la campagne des élections législatives et présidentielles de mai et juin prochains. C’est du Sénat, aujourd’hui, que l’audace dont doit faire montre la Gauche se jaugera.

Jaugeons donc...

Globalement il y avait 80 sénatrices jusqu’à hier. Gueule de bois ce matin : en nous réveillant le lundi 26 septembre 2011, il en reste 77. Réussir le tour de force de faire régresser la parité, reconnaissons qu’il fallait l’oser de la part de nos partis politiques. Et puisque je n’attends rien de la droite, je vais ici parler de mes amis socialistes. Que le PS ne vienne pas donner de leçons : sur les 60 nouveaux élus socialistes, il y a 19 femmes. 31%. C’est mieux que la droite ? La belle affaire. Nous sommes si loin de la moitié. A gauche aussi, les manœuvres pour envoyer majoritairement des hommes-blancs-cravatés-de 60 ans ont conduit à un chiffre pareil. C’est affligeant.

Aujourd’hui, Jean-Pierre Bel, sénateur socialiste de l’Ariège se présente à l’élection pour la présidence de la Haute Assemblée. Très bien. Cet homme est probablement fort respectable. Capable aussi, j’imagine. En dehors de cela, qui le connaît ? Quel intérêt de le choisir ?

Alors de l’audace…

… Chère Gauche, si tu n’as pas été capable de mettre en application la parité que tu prônes pourtant dans les beaux textes de principe que tu concoctes dans tes congrès et tes conventions, au moins dans le symbole choisis unE présidentE de Sénat ! Catherine Tasca en a manifesté l’envie. Prends ton courage à deux mains et montre que le combat des femmes est le tien. Vraiment.

Jaugeons encore…

Puisque la Gauche a aujourd’hui une majorité absolue au Sénat, c’est une peu des institutions qui a basculé. En mai prochain, pour la première fois, la Gauche pourra tenir les deux Assemblées. C’est le moment ou jamais d’avoir au front l’ambition d’une réforme constitutionnelle majeure. C’est le moment où je ne veux plus entendre de la part de la gauche que « les questions institutionnelles n’intéressent pas les français » ou que « nous n’aurons pas une majorité sur ce sujet » : avec l’élection d’hier, la majorité des 3/5èmes requise pour les réformes institutionnelles sera enfin accessible à la Gauche. Sans même dire que le référendum reste une arme absolue pour revoir la Constitution.

Et notre Vème république actuelle est une catastrophe démocratique. Un coup d’état permanent, disait l’Autre. Il faut en sortir. Seule la Gauche peut nous en sortir. A condition qu’elle le veuille vraiment. A condition qu’elle ait le courage de la VIème République : parlementaire enfin, primo-ministérielle vraiment, démocratique complètement.

Si la Gauche l’emporte en 2012, elle n’aura plus aucune excuse pour ne pas faire la grande révolution institutionnelle qui s’impose : elle aura la majorité au Sénat et à l’Assemblée Nationale. Elle aura le vent de la victoire dans les voiles. Si elle ne le fait pas, c’est qu’elle se sera vautrée dans les institutions de la Vème république, tournant le dos aux idées qu’elle a prôné pendant tant de décennies. Qu’elle se sera enfermée toute seule dans la monarchie républicaine que sont nos institutions, dans la personnalisation du pouvoir à laquelle conduit structurellement l’élection du président de la République au suffrage universel direct.

Ce sera le symbole, sinon la preuve, qu’elle n’a la volonté que de réformer gentiment un système (qu’il soit institutionnel ou économique) qui mériterait d’être revu de fond en comble.

Candidats à la Primaire, de grâce, de l’audace ! Un boulevard est ouvert devant vous. Ne toilettez pas un système qui se montre tous les jours à bout de souffle : Changez tout. Ici et maintenant.

lundi, mai 2 2011

La joie

"Justice has been done".

C'est ainsi que le bienheureux Barack Obama a conclu sa prompteuro-allocution de la nuit où il annonçait la mort du barbu Oussama.

Personne ne pleure Ben Laden. Mais il y en a qui connaissent un léger malaise à l'idée que la conception américaine de la justice, c'est une balle dans la tête.

Et à la suite de Barack, notre bon et brillant ministre des Affaires étrangères, l'ineffable Juppé, dit "partager la joie du peuple américain".

"La joie".

Léger malaise...

samedi, janvier 15 2011

Vol 946 pour Douala

kml_air_france.jpgA Roissy, le vol AF946 de jeudi dernier a eu du retard. Deux heures et demies pour être précis, deux heures et demies dues à la révolte de certains passagers qui ne se sont pas résolus à la scène d'expulsion d'un homme, renvoyé au Cameroun par notre beau pays. Les gentils accompagnateurs de l'infâme sans-papier ont été pris à partie par quelques témoins. Il y a donc en France des gens qui savent se tenir...

Et puis il y a Brice Hortepen™ l'expulso-compulsif qui a toutes les peines du monde à cacher cet accent allemand qui lui colle à la mèche blonde et sied si bien à ses yeux bleus.

chevenement.jpgEt puis il y a Jean-Pierre Chevènement, ce triste sire qui vole au secours de l'ultra-droitiste Eric Zemmour (qui ne porte guère le black et le rebeu dans son cœur) et déclare sur ce ton aussi docte que ridicule qui le caractérise : « Il suffit, comme j'ai eu l'occasion de le faire, de consulter les listings (...) du ministère de l'Intérieur pour constater que plus de 50% des infractions constatées sont imputables à des jeunes dont le patronyme est de consonance africaine ou maghrébine »... Les statistiques par le patronyme ! un nouveau concept, aussi imbécile que contraire à la cohésion de la nation, et le sentiment très fort que faire sortir ce pauvre type du coma a décidément été une belle erreur médicale. Pour ma part, je crois qu'il suffit de lire les dépêches AFP pour constater que 50% de la bêtise politique, qui rend notre pays si laid, est imputable à de vieux séniles dont le patronyme commence par « che » et finit par « ment ». L'autre moitié étant imputable à Brice Hortepen™.

Quoiqu'il en doit, à l'image du vol AF946, le pays se divise de plus en plus en deux catégories : ceux qui ne peuvent se résoudre au démantèlement méthodique des valeurs de la République et ceux qui en accélèrent le processus.

dimanche, octobre 31 2010

Médias et culture (pub)

Évidemment, les médias sont toujours accusés d'orienter l'information. Évidemment c'est vrai. Évidemment, on cherche toujours la petite bête du côté de la politique. C'est vrai aussi.

Mais pas que.

Ce soir, sur France 2, un magnifique reportage sur les prix littéraires. C'est la saison. Quitte à donner dans le marronnier, autant faire dans le cultureux, le classieux, le linguistique. Goncourt, Médicis, Renaudot... De superbes interviews de votants qui, cochons qui s'en dédisent, juuuuuuurent qu'ils ne saaaavent rien (non rien de rien) du résultat final.

Culture-pub-Ba-doum-ba.pngLe reportage s'achève et...

Et ?...

Et rien.

Tout va bien, les prix littéraires peuvent démarrer la saison 2010. France 2 ne voit pas de problème et « oublie » légèrement de nous alerter sur le caractère magouillo-commercialo-convenu de ces pseudo-prix.

Complices.

claire_chazal.jpgUn coup de télécommande sur TF1. Interview de Romain Duris, ci-devant acteur de son état, par la grandiose Claire Chazal, journaliste de son état[1]. Au vrai, « interview » est un terme un peu exagéré pour décrire le travail de la seconde qui qualifie d'excellent[2] le film que vient vendre le premier.

Bon. En même temps. Un journaliste a bien le droit de dire qu'il aime un film, non ? Faudrait voir à ce calmer sur ce blog quand même ! Et si elle aime, la Chazal, elle peut bien en faire profiter l'humanité, non ? Un comble, tout de même de chercher pareils poux dans la blonde chevelure de Dame 20H.

Ce n'est tout de même pas comme s'il y avait un intérêt financier en jeu dans ce jugement.

Pardon ?...

Hein ?...

Comment ?

Z'êtes sûr ?

Naaaaaaaaaaaaaan ?...........

TF1 co-produit le film ?

Dingue, ça.

TF1 co-produit le film de Romain Duris que Claire Chazal, employée de TF1, trouve génial dans le journal de 20H de TF1 qui invite Romain Duris pour parler du film, co-produit par TF1, que Claire Chazal, employée de TF1, trouve...... ?.....

Ah bon.

Bon.

Ba doum ba.

Notes

[1] Non, j'rigole...

[2] "formidable" ou encore "très beau", dit-elle.

lundi, septembre 13 2010

Kouchner : sophismes et suffisance

sarkozy_kouchner.jpgCe matin, l'avion de 9h15 me ramène de Toulouse à Orly. A l'embarquement, j'attrape au passage un Libération. Un sourire à l'hôtesse et le passager 12A s'installe, des mp3 dans les oreilles et la lecture matinale sous les yeux. L'avion s'envole, le passager 12A lit Libé.

Et puis, il y a la page 20. La page des tribunes. Et le sourire du passager 12A à la lecture d'un billet de Bernard Kouchner intitulé « Retraites : l'exception française ? ».

Autant le sourire à l'hôtesse voulait dire « Bonjour madame », autant celui-là, soyons clairs, se rapproche plus du « T'es con ou quoi ? »

Que le Ministre des Affaires étrangères intervienne dans le débat sur les retraites en dit déjà assez sur le caractère guignolesque de ce gouvernement. Mais glissons. Pour ce qui est du contenu de la tribune en question, l'analyse va être rapide.

Un mot toutefois sur la forme : quand je pense qu'en France, il y a eu une époque où Saint-John Perse était ambassadeur. Aujourd'hui, le Ministre des Affaires étrangères semble avoir un niveau de français proche d'un élève de CM2 redoublant. Tout passe, décidément. Idées confuses, répétitions inutiles, les phrases dépassant dix mots sont aussi rares que la lumière qui en ressort.

Quant au fond, merci Monsieur Kouchner pour cette partie de rigolade matinale. Comme valet du libéralisme, vous semblez avoir le niveau de servilité requis, mais hélas! l'économie, la démographie et la finance vous sont aussi étrangères qu'elles ne sont pas vos affaires. En un mot, vous êtes mauvais et cela se voit. Ânonner les plus grandes platitudes de vos amis néo-libéraux ne fait pas de vous un spécialiste de la question des retraites, dirai-je pour euphémiser.

Toute la tribune peut se résumer en deux points : 1°) Nous construisons l'Europe et nos voisins passent tous à 65 ans. Donc il faut que nous passions à 65 ans, sinon nous sommes contre l'Europe. 2°) L'espérance de vie augmente, donc il faut travailler plus longtemps.

Sur le premier point, je ferais bien des pelletées de commentaires, mais le lecteur pourra rire de lui-même sans qu'il me soit utile d'en rajouter. Je m'abstiens donc.

langue.gifSur le second, un tel sophisme apporte si peu, tellement rabâché, tellement mou et sans consistance. Kouchner croit intelligent de donner des chiffres : « Depuis 1950, les Français ont gagné quinze ans d'espérance de vie. Arrêtons de chercher des alternatives (...) ». Ben voyons ! Et pourquoi ce manque de courage à ne vouloir passer qu'à 62 ans le droit à la retraite si nous avons gagné 15 ans de vie ? Et à ce compte-là, quitte à écrire dans Libé, pourquoi ne pas démontrer, chiffres de mortalité infantile à l'appui, que les enfants peuvent travailler à partir de 11 ans puisque leur santé s'améliore de décennies en décennies, foi d'INSEE et d'OMS réunis ?

Tout le reste de la tribune n'est que verbiage et répétitions. Un galimatias de démonstrations pseudo-économiques assénées à coups de « tout le monde sait » et autres « la France n'a pas le choix », etc.

Risible donc.

Cher Monsieur Kouchner, lécher l'arrière-train du pouvoir n'honore personne. Si encore vous le faisiez en silence.

samedi, septembre 11 2010

Un homme d'Action

police-nationale-voitures.1241134665.jpgAu cœur de ce mois de septembre, pendant que d'une main le Gouvernement démantèle à l'Assemblée Nationale les droits sociaux avec le projet de loi de destruction en règle du droit à la retraite… il lui reste son autre main pour restreindre jour après jour les libertés publiques des Français, ce qu'il fait donc au Sénat avec l'incroyable LOPPSI 2, dix-septième loi sécuritaire en huit ans, qui vient tout juste d'être votée par la chambre haute.

Dix-septième inutilité absolue pour les délinquants, mais surveillance généralisée pour les citoyens, mesures ciblées contre les étrangers, extension des peines planchers. Les articles de cette loi forment un festival de régressions[1], un feu d'artifice contre la Liberté. Un émétique pour tout humaniste qui se respecte.

Dans l'ordre des Charles préférés de Sarkozy et Hortepen™, Maurras précède manifestement de Gaulle : Quand le second voulait grandir la France, le premier ne faisait qu'avoir peur de sa décadence. Et les peurs qu'agite ce gouvernement ne font que rabougrir notre pays. Toutes ces guerres déclarées – guerre des Roms, guerre contre les voyous, guerre contre tout ce qui n'est pas la France éternelle blanche et catholique– et autant de défaites pour les droits de l'homme...

A la tête du pays, Sarkozy est bien un homme d'Action.

Française, même.

Notes

[1] rappelons que, dans la novlangue de la droite, « régression » se dit « réforme nécessaire ».

samedi, juin 19 2010

Pognon Football Club

argentine_cdm.jpgEn 1978, j'avais dix ans. La Coupe du Monde de football avait trouvé intelligent de s'inviter au pays du tango. Au pays de la junte militaire, de la torture et des Desaparecidos surtout. Mais à dix ans, les à-côtés -ces petits riens que sont les appels au boycott de la part des opposants à un régime inacceptable- nous échappent. Les danses, aussi sensuelles soient-elle, nous laissent tout autant de marbre. Seuls comptent les petits bonshommes en maillots bleus et shorts blancs que l'on veut vainqueurs et beaux. Même les autres équipes ne servent que d'étalon de ceux pour qui l'on vibre. Et peu importe que le gardien de but argentin porte le même nom que soi, peu importent les prestations techniques des Pays-Bas ou la tactique du Brésil : lorsqu'on a dix ans et que l'on s'éveille au monde du sport, nos yeux ne vont qu'aux Bleus. Ce sont les nôtres. Ils nous portent, nous les portons.

videla.jpgEn 1978, les Bleus ne furent pas vainqueurs, loin s'en faut. Mais ils furent beaux. Des perdants magnifiques. Et à dix ans, cela compte que les nôtres soient fiers dans la défaite. Cela vaut bien des victoires.

En 1978, il s'en est passé sur le terrain : Bernard Lacombe, improbable avant-centre, qui marque le but le plus rapide de l'histoire contre l'Italie, quelques secondes après le coup d'envoi. On y croit... mais la défaite tout de même. Puis vient l'Argentine, manifestement avantagée tout au long de la compétition en guise de soutien à un régime suspect, qui bat la France sur des décisions d'arbitrage surprenantes. Perdants encore. Mais magnifiques tout de même. Ils sont passés si près. Et puis il y a ce troisième match pour l'honneur contre la Hongrie. Les deux équipes, déjà éliminées, se présentent sur le terrain avec le même maillot et voilà les français obligés d'emprunter le maillot du club local : rayé vert et blanc ! Du grand n'importe quoi. Une belle victoire pour terminer. Inutile et donc savoureuse. Voilà nos Bleus qui ne passent pas le premier tour et prennent l'avion du retour, direction Paris, mais qui ont construit des tonnes de souvenirs pour les gamins de dix ans.

Tout cela forge le caractère collectif d'une nation de gosses.

Et nous voilà trente ans plus tard. La Coupe du Monde toujours. Et ces pathétiques guignols en bleu qui s'insultent entre eux, parlent une langue de bois inhumaine avec un casque sur les oreilles, se paient des prostituées mineures tout en affichant des conversions religieuses sincères et le grand-amour-de-leur-vie, s'irritent qu'on les trouve trop clinquants quand ils étalent leurs indécentes bagouzes...

chaussures_foot.jpegQuand bien même gagneraient-ils qu'ils ne plairaient pas. Mais ceux-là vont plus loin : à l'indécence et la bêtise, ils ajoutent la tocardise. Pas un but. Pas un tir. Pas une envie. Rien. Juste le Pognon Football Club.

A mon âge, les prestations sportives de multimillionnaires blasés me laissent froid. Mais, parce que je me souviens qu'en 1978 cela comptait, je pense à vous, petits gamins de dix ans : vous méritez mieux que cette bande de voleurs.

Vous aurez d'autres rêves et c'est heureux. Parce que des gens qui mentent ainsi aux enfants...

vendredi, mai 14 2010

AZ SB 1070 ou le rêve secret de la droite française

monument_valley.jpgÉvidemment, vu d'ici, le Grand Canyon fait rêver. Arizona Dream, comme disait un Serbe bi-palmé d'or. Il était une fois dans l'Ouest les indiens Navajo, la liberté des grands espaces, les condors vol-planants, les cactus géants et de la terre rouge à perte de vue.

Sauf que la réalité montre que, dans cet État américain, le rêve vaut surtout si l'on n'est pas trop homosexuel et si l'on aime arborer fièrement des armes à feu. Depuis quelques jours, du côté de Phoenix ou de Tucson, mieux vaut de surcroit ne pas avoir l'air trop étranger et, si par un triste malheur de la vie on l'est, avoir en toute circonstance de quoi prouver la légalité de sa situation.

La Senate Bill AZ SB 1070 est largement passée inaperçue en France où les médias ne se passionnent guère que pour la marée noire[1].

Et pourtant...

Et pourtant, cette loi, votée il y a quelques jours dans l'état d'Arizona, est une véritable déclaration de guerre contre les immigrés illégaux. La SB 1070 permettra ainsi à la police de contrôler les identités sur la base du concept de « soupçon raisonnable »[2]. En français, cela s'appelle « le contrôle au faciès ». Tu as une tête pas très nette, chicano, prouve-moi que tu as une bonne raison d'être là où je te renvoie illico au pays des Aztèques.

Quant au lien explicite qui est fait entre entre immigration et délinquance, inutile de s'étaler ici tant les discours ultra-sécuritaire de la gouverneure d'Arizona, Janice Brewer, se suffisent à eux-mêmes.

police_immigration.jpgEn d'autres termes, la loi SB1070 d'Arizona est une rupture très dure avec la tradition d'immigration des USA. Le phénomène prend plus triste tournure encore en lisant les résultats d'un sondage qui indique que 59% des Américains, sur l'ensemble du territoire, approuveraient cette loi.

Décidément, partout dans le monde, la facilité du bouc-émissaire opère. C'est la grandeur de certains politiques que d'aller à l'encontre des flatteries faciles des plus bas instincts humains. C'est la bassesse de certains autres que d'attiser la peur de l'Autre, cet étranger, cet inconnu, ce voleur de poules sans lequel nous vivrions heureux.

Il faut donc dire ici que cette loi ne représente pas tous les Américains : le débat là-bas est âpre. Nombreuses sont les manifestations qui dénoncent la SB 1070 arizonienne. Certains prônent même le boycott de l'Arizona. C'est le cas des élus de villes comme Los Angeles, San Francisco, Oakland ou San Diego qui ont voté des résolutions de boycott économique et culturel à l'encontre de l'État voisin[3]!

Alors, bien sûr, ami-lecteur, je vois dans tes yeux une colère à l'encontre de cette droite américaine qui fabrique le repli sur soi, une fâcherie contre cette loi discriminatoire, peut-être une révolte contre l'Arizona, l'envie d'annuler tes vacances estivales dans le Grand Canyon...

Je ne peux que t'approuver, tu le sais.

Et pourtant...

Puis-je te murmurer doucement qu'en France, sans que cela fasse l'objet d'un débat agité, le lien entre immigration et sécurité est mis tous les jours en avant par un gouvernement de xéno-combattants™.

Puis-je t'indiquer calmement que les contrôles au faciès n'ont nul besoin d'une loi pour être réalisés tous les jours et en des centaines d'exemplaires (La seule étude sur ce sujet montre qu'à Paris les « Noirs » courent entre 3,3 et 11,5 fois plus de risques que les « Blancs » d’être contrôlés par la police et les « Arabes » entre 1,8 et 14,8 fois plus[4].)

En France, Eric Besson et Brice Hortepen™ nous transportent tous les jours en Arizona.

Et c'est notre honte à tous.

besson_hortefeux.jpg

Notes

[1] Taper « États-Unis » dans les moteurs de recherche en ce moment renvoie un nombre impressionnant de réponses en rapport avec le pétrole aquatique : 300 millions d'habitants réduits à une nappe gluante, comme c'est beau le journalisme...

[2] « … where reasonable suspicion exists that the person is an alien who is unlawful present in the United States... »

[3] Imaginons le Nord-Pas-de-Calais boycottant la Normandie : l'acte est très fort et montre le puissant débat qui agite les citoyens outre-Atlantique.

[4] Le rapport complet est disponible ici.

mardi, avril 6 2010

« Ils n'ont qu'à devenir français ! »

assemblee nationaleGrand événement à l'Assemblée Nationale le 25 mars dernier : M. Georges Siffredi a honoré de sa présence les bancs des députés de la nation. Le fait est assez rare pour être souligné : avec quatre interventions en séance, l'année 2009 n'aura pas épuisé le député de la XIIIème circonscription des Hauts-de-Seine (comme je m'en suis déjà ému par deux fois auprès de lui... sans réponse, cela va sans dire).

Et voilà qu'avec le printemps, le diablotin de Châtenay-Malabry sort de sa boite et trouve enfin le chemin du Palais-Bourbon.

Le sujet du jour est le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales aux étrangers non ressortissants de l’Union européenne résidant en France, proposition de loi socialiste que soutient une majorité de français et qui fait écho au nauséabond débat sur l'identité nationale qu'ont tenté d'installer Eric Besson et sa droite réactionnaire.

Diantre ! M. Siffredi, qui s'est tu sur tous les sujets de l'année, aurait donc quelque chose à dire sur la question du droit de vote des étrangers ? Les minutes des débats du 25 mars 2010 le prouvent en effet.

Si nul ne sera surpris d'apprendre que M. Siffredi est opposé à l'idée d'augmenter les droits des étrangers, le détail de ses interventions à l'Assemblée Nationale a de quoi faire tomber à la renverse.

A un député qui rappelle que « certains de nos concitoyens, qui vivent sur le sol français depuis cinq, dix, vingt, parfois cinquante ans, aimeraient bien que les grands principes de liberté, d’égalité et de fraternité, les grands principes de citoyenneté et de démocratie voulus par la République française soient enfin mis en œuvre », M. Siffredi répond... « Ils n’ont qu’à devenir français ! », rejetant ainsi la faute de la discrimination sur les discriminés eux-mêmes, feignant de méconnaitre que la naturalisation est le fait de l'État et qu'il ne suffit pas de demander la nationalité française pour l'obtenir, « oubliant » opportunément que le nombre d'étrangers naturalisés, pourtant grande tradition française, a baissé de façon spectaculaire chaque année depuis 2004, depuis que les amis de M. Siffredi sont aux affaires du gouvernement.

« Ils n'ont qu'à devenir français ! » n'est une boutade, me ferez-vous observer ? Mais que penser alors de l'intervention écrite et préparée par M. Siffredi, lue en séance par son auteur et qui contient cet incroyable passage : « Les résidents étrangers, par définition, ne font pas partie de la nation » !

Jean-Marie Le Pen n'aurait pas « mieux » dit.

Comme votre France est laide, M. le Député ! La mienne accueille quand la vôtre fustige. Ma France grandit de ses enfants quand la vôtre s'en méfie
.

samedi, janvier 30 2010

L'éditorialiste et les deux roses

nuages.jpgAéroport d'Orly, Terminal Ouest. Du bout de la piste, en cette toute fin d'après-midi, l'avion prend de la vitesse et s'envole. Quelques vibrations plus tard, quelques agitations d'hôtesses plus haut, quelques annonces dans un anglais douteux plus loin, voilà que l'appareil a fini de traverser l'épaisse couche nuageuse et retrouve son horizontalité naturelle. Là, juste au-dessus de cet espace floconneux qui s'étend à perte de vue, s'ajuste le rythme de croisière de notre fier aéronef, le bruit constant de son ronron motorisé.

La soirée est entamée. A gauche de l'appareil, c'est la nuit. A sa droite, le soleil rouge allume ses derniers feux sur l'horizon. Au-dessus du champ tout blanc du coton nuageux, c'est Mississipi Burning.

2roses.jpgJ'ouvre Libération pour y découvrir comme partout -comment en aurait-il été autrement ?- le flot sans imagination de commentaires autour de la relaxe de Galouzeau, poète maudit de Caracas. Depuis la veille, les médias débordent de la guerre des Deux-Roses qui oppose Dominique d'York et Nicolas de Lancastre, les Chirac et Giscard des années deux mille. Avec ces deux-là, nous sommes pourtant plus près de Napoléon III que de Richard III. Rien de shakespearien chez eux, nous flirtons plutôt avec la farce médiévale bien grasse.

Dans le Libé du jour, la palme de l'emphase ridicule revient assurément à son éditorialiste et directeur de publication, l'ineffable barbichu Laurent Joffrin. Villepin est manifestement pour lui synonyme de Nirvana politique, une icône, un dieu vivant que le peuple (presque) de gauche devrait assurément vénérer. Qualifié de « dissident flamboyant de la droite décomplexée », Joffrin-le-Mouchard souligne chez le relaxé « son talent oratoire et littéraire » pour finir dans un bouquet final écarquillé : « Don Quichotte classieux de la droite sociale » ! Ouf ! N'en jetez plus, la cour est pleine... Ce n'est plus de l'admiration, c'est de la dévotion. J'espère que personne n'a trop ri en apprenant aussi abruptement que Galouzeau de Villepin[1] était « social » ! Le traitement des émeutes de banlieue en 2005, était-ce du social ? Le CPE qui a mis des millions de personnes dans la rue, était-ce du social ? Une politique explicitement libérale menée pendant des années par Chirac dont il était le principal conseiller, puis par lui-même comme Premier Ministre, était-ce du social ?

manif.jpg

droite.jpgIl est vrai qu'à Libération, le journal qui milite à longueur de page pour le rapprochement du PS et du Modem (ce que des citoyens normalement informés et d'une intelligence moyenne devraient pouvoir traduire par « le rapprochement de la gauche et de la droite »), on porte Bayrou et Valls au pinacle : le barbichu de la presse bien-pensante a toujours vu en eux les hérauts de la gauche moderne, en vertu du principe qu'il convient de s'opposer à Sarkozy et de fustiger le trop-à-gauche pour être déclaré « moderne ». Galouzeau a manifestement ce même profil. Libé ne peut qu'applaudir. Gageons que ce n'est là que le début du long accompagnement entre et le renard (argenté) et le journal (désargenté) : demain dans votre feuille de chou d'opposition, le duo centro-compatible viendra s'enrichir d'un Villepin pour un triumvirat qui rappellera les belles heures napoléoniennes.

Aéroport de Toulouse-Blagnac, quelques instants plus tard. Cette fois, la nuit est franche, le coton rougeoyant d'altitude a cédé sa place à la pluie sombre du plancher des vaches. Mon Spirit Of Saint-Louis va se poser au pays de Clément Ader. Je range ce journal qui n'a pas consacré un seul centimètre carré de ses colonnes à un vrai sujet d'actualité : la loi sécuritaro-régresssive LOPSI 2 dont l'Assemblée Nationale va débattre dans quelques jours à peine.

Et pourtant...

camera.jpgSarkozy l'avait promis en novembre, Hortefeux l'a fait jeudi à l'Assemblée : déposer un amendement gouvernemental qui vise à donner le pouvoir aux préfets de se substituer aux maires récalcitrants pour installer de la vidéo-surveillance dans les communes. Les quelques niches qui échappent encore au rouleau-compresseur de la droite sont réduites à rien. Voilà donc que des citoyens qui auront voté pour un maire sur la base d'un programme électoral refusant les caméras dans la ville verront leurs rues surveillées tout de même[2] !

Vous voulez encore de la LOPSSI 2 ? Un autre amendement, voté en commission, prévoit de conférer la qualité d’agent de police judiciaire aux directeurs de police municipale qui pourraient donc maintenant enquêter, interroger, contrôler l'identité, etc.

Vous n'en n'avez pas eu assez ? Toujours en commission, toujours un amendement, toujours voté : le couvre-feu nocturne pour les mineurs de moins de 13 ans.

J'arrête là : la gué-guerre entre le pantin grandiloquent et le nain agité est tellement plus croustillante que le recul des libertés en France.

Notes

[1] Côté à douze contre un dans la cinquième à Vincennes, terrain gras, championnat des trotteurs.

[2] Aux frais de la commune, cela va sans dire...

dimanche, janvier 3 2010

Dassault, humour et farces & attrapes

serge_dassault.jpgLe Figaro nous paie parfois de bonnes tranches de franche rigolade. Rioufol, Beytout et consorts n'ont jamais été les derniers dans l'art délicat du comique-troupier. Ils sont rejoints –et peut-être dépassés– cette semaine par le taulier lui-même : le Sénateur (ex) Maire UMP Serge Dassault, par ailleurs vendeur d'armes létales et volantes all around ze world et ci-devant patron du Figaro.

L'impétrant s'est donc payé hier une demi-page d'édito dans sa propre feuille de chou. Je glisse sur la finesse de sa propagande qui aurait de quoi faire décoller la plèvre de n'importe quel gorille dépressif du zoo de Vincennes en chutant de son arbre sous le poids du rire (« Tous mes vœux à la France, qui a choisi un président dynamique et courageux », « Nos encouragements et notre appui l’accompagnent pour réformer », etc.)

Foin de ces drolatiques propos, je me contenterai ici de : 1°) reproduire la partie médiane des savants écrits du Panzer-Dassault 2°) lui poser une simple question.

Je reproduis donc :

« La France est encore paralysée par une lutte des classes toujours vivace qui épuise notre économie, et des lois archaïques et pénalisantes qui font partir nos meilleurs éléments dans des pays voisins, amis mais concurrents, qui ne connaissent pas les mêmes contraintes financières, fiscales ou sociales que les nôtres. Le déficit budgétaire reste toujours aussi élevé, et nous devons régler ce problème au plus vite. »

En suivant, je pose ma question :

Heu... qui dirige le pays depuis 8 ans ?

Salutations, camarade avionneur.

vendredi, janvier 1 2010

Il y a deux Sarkozy

sarko_salut_small.jpgIl y a deux Sarkozy :

Celui du 31 décembre 2009 qui affirme, les yeux dans la caméra : «  [Dans la crise économique], notre pays a été moins éprouvé que beaucoup d’autres. Nous le devons à notre modèle social qui a amorti le choc »...

… et celui du 1er janvier 2010 qui fait officier de la Légion d'Honneur, Denis Kessler, ex numéro 2 du MEDEF et auteur des mots[1] « Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance. »


Il y a deux Sarkozy :

sarkozy_voeux.jpgCelui du 31 décembre 2009 qui pérore, l'air très convaincu : « Je veux rendre un hommage particulier aux partenaires sociaux qui ont fait preuve d’un grand sens des responsabilités, aux associations qui ont secouru ceux qui en avaient le plus besoin, aux chefs d’entreprises, ils sont nombreux, qui se sont efforcés de sauver des emplois »...

… et celui du 1er janvier 2010 qui remplit la nouvelle liste de la Légion d'Honneur des seuls chefs d'entreprises, oubliant manifestement les autres catégories sus-décrites : Pierre Fabre, Louis Gallois, Jean-Cyril Spinetta, Ernest-Antoine Seillière, Denis Kessler, Anne Lauvergeon, Guillaume Pépy, René Carron, C'est un festival qui nous ferait presque confondre la liste des décorés du Nouvel An avec le listing des adhérents du MEDEF.

Il y a deux Sarkozy : celui qui se fout de notre gueule la veille du réveillon et celui qui se fout de notre gueule le lendemain du réveillon.

Notes

[1] dans une tribune du magazine Challenges, le 4 octobre 2007.

- page 1 de 11