Le trou de la sécu ou la sémantique de la dé-solidarité
1 août 2009
Indiscutablement, les néo-libéraux ont, ces dernières années, emporté la bataille culturelle dans le débat politique, imposé une guerre des mots qu'ils ont à l'évidence gagnée. A tel point que la gauche a fini par ne débattre qu'en fonction des dogmes libéraux, s'y opposant certes, mais les plaçant ainsi au centre de la pensée politique... quand une partie de cette « gauche » a, elle, franchement repris à son compte les paradigmes du néo-libéralisme pour en faire la promotion tout juste teintée d'une atténuation, pompeusement nommé « justice sociale ».
Les combats sémantiques ne sont pas neutres, loin s'en faut. Ils cachent systématiquement des choix idéologiques. J'entame par ce billet un « contre-dictionnaire » libéral qui prétend mettre en perspective ces mots qui, repris à l'unisson par tous les bords de l'échiquier politique, empêchent le débat et tuent, avant même la moindre argumentation, toute pensée « différente », donc innovante.
Pourtant, contrairement à ce que font croire tous les « c'est une évidence... » ou les « tout le monde sait bien que... » qui habillent les discours politiques dominants, en politique ou en économie, rien ne va de soi : tout se démontre. Sauf à appauvrir le débat.
Aujourd'hui, le « trou de la sécu », ce fameux gouffre que tout le monde combat. La seule question qui semble se poser au pays étant : « comment le réduire ». Et pourtant...
Pourquoi la sécurité sociale, c'est-à-dire la santé des français, devrait-elle être équilibrée à elle seule ? Est-ce que l'éducation est rentable ? Par définition non, mais l'on dépense sans barguigner pour nos enfants sans se demander ce qu'ils rapportent, simplement parce que l'éducation est un bien pour lequel la collectivité paie. Pour le coup, c'est une évidence couramment admise. Est-ce que le service des pompiers est rentable ? Non, me répondrez-vous dans ce sourire que je devine.
Or, pour la santé, il faudrait entrer dans une bonne gestion en propre, un équilibre financier semblable à celui d'une entreprise du CAC 40. Des recettes affectées, auto-suffisantes et des dépenses contraintes dans ce cercle. Telle est le raisonnement qui se cache derrière l'expression « trou de la sécu »[1]
Quel autre domaine subit un tel diktat, celui de la dénonciation du « "trou" » ? Autant dire « de la mauvaise gestion », les mots seront plus clairs. Par exemple, Quelqu'un a-t-il pensé à qualifier de « trou » les milliards offerts par la droite aux plus aisés dans le paquet fiscal ? Il est fort dommage qu'il n'en soit pas ainsi parce que ce n'est plus un trou, c'est un gouffre abyssal.
Alors en ce début d'été, médias et UMP à l'unisson écarquillent les yeux devant les chiffres : 10 milliards de déficit en 2008. Pourtant ce chiffre est assez stable depuis 2003 ! Et à l'aune du budget général de lé Sécu (400 milliards), il est à relativiser et à rapporter à sa juste proportion... c'est-à-dire 2,5%.
Mais c'est surtout la prévision de solde négatif de 20 milliards pour 2009 qui fait hurler d'effroi la droite. Par "d'effroi", il faut en réalité comprendre "de bonheur" car, par une remarquable entourloupe démagogique et populiste, nos amis de l'UMP voient là l'occasion de démontrer qu'il faut « réformer » la sécu, c'est-à-dire la « 'détruire ». Et les diables ne s'en sont pas privés.
Aussitôt LE chiffre paru, les réactions ont fusé qui avaient toutes comme cible les reculs sociaux : augmentation de l'age de la retraite, baisse des dépenses de santé, traques des faux arrêts de travail : le festival attendu a bien eu lieu.
Pourtant, dans un solde, s'évaluent par définition les dépenses ET les recettes. Par un artifice idéologique, les troupes anti-citoyennes de Sarkozy pointent d'un même doigt les vilaines dépenses qu'il faudrait revoir à la baisse. Or dans le "pic" annoncé de 20 milliards, ce sont bel et bien les recettes qui font défaut. Et les raisons en sont connues. Beaucoup sont liées à la crise puisque les recettes de la Sécu reposent essentiellement sur les cotisations sur les salaires. Et les salaires ? Il y en a moins ! Et les salaires ? Ils sont moins hauts ! (La faute à qui ?) Et les salaires ? Une partie est défiscalisée du fait de ces heures supplémentaires 0% parfaitement imbéciles que ces Messieurs persistent malgré la crise à exonérer de toute cotisation ! Quant aux cotisations des entreprises, les gouvernements de droite passent leurs temps à légiférer pour les en dédouaner au maximum.
Bref, d'une main cachée dans le dos, la droite organise la baisse des recettes de la sécu et de l'autre pointe une augmentation des dépenses à qui il faudrait tordre le cou.
Et baisser les dépenses c'est, comme toujours avec les néo-libéraux, rendre responsable chaque français : traquer ceux qui abusent du système (sachant que si l'on estime à 2% la triche[2], je rappelle ici que 2% de 2% du budget général de la sécu, ce gouvernement qui prône l'efficacité a donc pris en main 0,04% de la question).
Mais peu importe pour eux, l'objectif n'est pas de résoudre le problème mais de gagner la bataille culturelle : faire entrer dans nos faibles esprits que le système redistributif et collectif, tel que nous le connaissons, n'est plus tenable, que chacun doit se sauver soi-même. L'individualisation forcenée de la société en somme.
Et la CNAM de proposer des mesures pour combler une partie du déficit, qui ont toutes la particularité de restreindre l'offre de soin et surtout... de ne jamais cibler ceux qui profitent très grassement du système de santé : les entreprises qui fabriquent les médicaments ! Sanofi-Aventis profite de la crise pour dégraisser en Ile-de-France et à Toulouse, mais fait dans le même temps des bénéfices pharaoniques et redistribue tant et plus à ses actionnaires. Et croyez-vous que dans la chaine de la santé, quelqu'un suggère que taxer Sanofi, Roche ou Pfizer serait envisageable ? Que nenni ! La chasse au médecin grugeur ou au citoyen fraudeur est ouverte[3] mais le tapis rouge pour les entreprises qui vivent de ce dont on crève est déroulé. Pourtant, un laboratoire comme Roche vient d'annoncer trois milliards d'euros de bénéfices pour le seul dernier semestre. Ce n'est pas la crise pour tout le monde[4].
La vérité est nue : ce gouvernement, sur le même modèle qu'il instrumentalise les peurs pour mettre en place une politique ultra-sécuritaire, instrumentalise les défauts de tous les systèmes de solidarité pour les démanteler et prôner la responsabilité individuelle : retraite, système de santé, déficit public, autant de sujets qui permettent à la droite de faciliter, selon un modèle anglo-saxon qui a pourtant montré -et plus encore à l'occasion de cette crise financière- qu'il ne fonctionnait pas, la retraite par capitalisation personnelle, l'assurance maladie individuelle ou le « moins d'État » en général.
Au fond, le sujet est plus philosophique qu'il n'y paraît. Lorsque le guépard surgit, les gazelles de droite estiment devoir toutes courir le plus vite possible pour sauver le maximum d'entre elles. Les gazelles de gauche estiment tout naturel de se regrouper en un même bloc et faire front pour les sauver toutes.
C'est de modèle qu'il s'agit. Et prétendre que le gouvernement actuel, du fait d'un vague saupoudrage de quelques mesures prétendument sociales, ne serait pas franchement néolibéral serait être aveugle et sourd à la réalité.
Le Guide Suprême de la Sarkolution™ l'a annoncé à Versailles le 22 juin dernier lors de son sacre quasi-rémois : « Nous serons au rendez-vous de la réforme des retraites (...) Quand viendra le temps de la décision à la mi-2010, que nul ne doute que le gouvernement prendra ses responsabilités (...) C'est une question d'honneur, de morale à l'endroit des générations qui vont nous suivre: nous ne laisserons pas un euro d'argent public gaspillé »
Quinze jours plus tôt, c'est l'assurance maladie qu'il entendait « moderniser », c'est-à-dire offrir au secteur privé : « Je souhaite que soient confiées de nouvelles responsabilités aux organismes complémentaires (…) La solidarité nationale, financée par des prélèvements obligatoires, continuera de remplir sa mission, a prédit le chef de l'Etat. Mais à ses côtés, d'autres formes de protection sont appelées à se développer. » Et vous avez quoi ? Nicolas a un frère[5] Guillaume Sarkozy, qui se trouve être, mais c'est bien entendu un hasard total, Directeur Général de Mederic, un groupe d’assurance-santé et assurance-retraite, autant dire un organisme complémentaire à qui Le Guide Suprême de la Sarkolution™ souhaite « confier des nouvelles valises de billets responsabilités ». Dingue, non ?
Dans le débat sur les retraites qui s'annonce, j'ose croire aujourd'hui que la gauche ne va pas se contenter d'une aimable conversation technique sur la prise en compte de la pénibilité dans le calcul des retraites ou d'une vague et molle protestation sur l'allongement de la durée des cotisations. L'heure est l'opposition frontale aux projets destructeurs des piliers de notre république par un gouvernement nauséabond. Non par anti-sarkozysme, mais par opposition à un modèle inacceptable pour de vrais gens de gauche.
Car au fond, il n'y a pas de « trou de la sécu », il n'y a que les dépenses d'une société solidaire pour ses malades et ses anciens.
Notes
[1] ... qui ne veut d'ailleurs rien dire puisqu'il mélange pêle-mêle toutes les branches de la sécurité sociale : maladie, vieillesse, etc.
[2] estimation énorme ! La réalité doit être bien moindre.
[3] A tous, je recommande de lire ceci pour comprendre les méthodes de fabrication de statistiques totalement bidons de la part de la CNAM à propos des arrêts de travail, curieusement exploitées en à peine quelques jours par not' bon ministre pour justifier ses mesures anti-sociales.
[4] ... Surtout quand un gouvernement surmédiatise une grippette faussement pandémique et pré-commandent, sans le moindre élément médical sur la gravité supposée du H1N1, 100 millions de doses de vaccins à des laboratoires qui sont parfaitement incapables de les fournir dans les temps : qui s'étonne que Sanofi, Pfizer ou Roche se portent comme des charmes ?!...
- Par Etienne FILLOL
- - contre-dictionnaire libéral
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Commentaires
Alors, que pendant ce temps, les télés américaines font des sujets sur le best health care system in the world. Le nôtre.
http://www.youtube.com/watch?v=uNR_...
... et qu'Obama s'essaie à la mise en place d'un système général d'assurance santé. Mais avec notre droite française, il faut s'attendre à tous les rebours historiques : Sarkozy qui promouvait l'endettement des ménages à quelques mois de la plus grosse crise financière de l'endettement de l'histoire de la planète, son bushisme invétéré alors que le Georges W. était au plus noir des fonds du trou dans son propre pays et dans le monde entier. Bref, alors que le monde envie notre système, Nicolas (et Guillaume) rament à contre-courant.
Petit bémol dans la vidéo toutefois : si la France a bien "the best healthcare system in the world", il semble qu'elle ait aussi "the worse ability to speak english in the world" : nos amis US sous-titrent les propos des médecins interviewés ;-)
ça fait longtemps que la mise en place, dans la tronche des gens, de la légitimité de ce modéle , est à l'oeuvre ...
on connait tous des gens "de gôche" qui connaissent quelqu'un qui connait quelqu'un qui connait un truand ... qui escroque la sécu en se faisant prescrire des arréts de travail ...
les abrutis ont toutjours préféré cracher sur leur voisin qu'essayer de cracher à la tête de leur oppresseur ... jusqu'au moment ou ils n'ont même plus de salive pour cracher la haine ... quand la douleur devient insupportable, comme chez les yankees ...
le modéle de solidarité est mort, puisqu'il n'est même plus légitime dans la tête de ceux qu'il défend ...
putain de chantier de reconstruction ...
surtout quand on voit (ce qu'il y a dans) la tronche des maçons pressentis ... les manuel, dominique et consorts ...
Droit médical avait évoqué les comptes de 2008 et la façon qu'avait la presse, dans son ensemble, de présenter le rapport de la Cour :
http://www.droit-medical.com/actual...
Quant au déficit de la branche maladie, il ne devrait pas exister, si les diverses cotisations (CSG, CRDS, vignette tabac, vignette alcool,…) étaient correctement attribuées au lieu de se retrouver dans le budget général de l'Etat. Cela avait été déjà relevé dans un précédent rapport, mais bien entendu jamais mis en œuvre…
je viens de prendre connaissance de votre texte par l'intermédiaire du site l'En-dehors.
je ne discuterai pas du sujet particuliers mais du fond du fond
oui la bataille des mots fait partie d'un des fronts fondamentaux de la guerre des classes ( pour reprendre Warren Buffet ) que mènent les possédants et tous leurs larbins bac + 10.
A partir du moment où on utilise les mots des possédants nous avons déjà perdu une bataille.
Le pire actuellement est la méthodique dépossession de certains de NOS mots par la droite ; droite actuelle issue pour une part non négligeable ( et que l'on découvre chaque jour d'avantage ) de l'extrême droite.
Il ne faut jamais oublier tout le travail effectué par cette extreme droite , en particulier le groupe GRECE.
Heureusement pour nous, le système capitaliste est auto-destructeur ; seulement nous avons du mal à revenir aux fondamentaux et à ne plus avoir peur d'utiliser des termes comme prolétaires, lutte des classes, rapport de force ......
Et surtout nous devons reconstruire une espérance et si possible des alternatives dès maintenant crédibles en partant de la longue histoire des luttes sociales ….
….. bien sûr loin des divagations à la Manuel Valls
Et pour vous paraphraser : oui l’heure est à une OPPOSITION FRONTALE loin des béni oui oui de la gauche gouvernementale mais aussi pseudo-révolutionnaire à la NPA ainsi que loin des fossoyeurs syndicalistes ( je pense aux bonzes , pas au militant de base ) , bref loin de tous ces chefs et sous-chefs qui n'ont qu'une seule peur : perdre leur peu de privilèges .....
Le travail est immense mais si l’on ne relève pas le défi, nous autres prolétaires allons continuer à en prendre plein la gueule et le futur pourrait être particulièrement sombre.
"Car au fond, il n'y a pas de « trou de la sécu », il n'y a que les dépenses d'une société solidaire pour ses malades et ses anciens."
et les trous dans l'fromage c'est une solidarité sans limite avec tous les malades et tous les anciens venus de partout comme dit Badiou, qui n'hésitent pas ainsi à se faire une plce ici ou là ! il manque à la carte un département pour sans papiers séropos etc ...
"Au fond, le sujet est plus philosophique qu'il n'y paraît. Lorsque le guépard surgit, les gazelles de droite estiment devoir toutes courir le plus vite possible pour sauver le maximum d'entre elles. Les gazelles de gauche estiment tout naturel de se regrouper en un même bloc et faire front pour les sauver toutes."
sauf que la solidarité devient vite complicité et il devient vite inévitable de ne pas s'engager dans l'une ou l'autre milice de la vichinskie : milice des ragots/ ragots de milice
@ Torquemada : d'accord sur l'analyse de la psychologie humaine, mais pas sur "le modèle de solidarité est mort, puisqu'il n'est même plus légitime dans la tête de ceux qu'il défend" : à chacun de nous de réveiller les consciences avec nos petits poings (je sais parfois, j'ai un côté Utopiste de la Mancha qui m'insupporte moi-même...)
@ Fabien : merci beaucoup pour ce rappel fort utile et effectivement légèrement passé sous silence par les médias.
@ J Gorban : je ne connaissais pas l'En-dehors. Si je suis lu chez les anarchistes alors... ;-)
Plus sérieusement, dans la phrase "nous devons reconstruire une espérance et si possible des alternatives", permettez-moi de préférer de très loin le concept d'alternative, parce que l'espérance au fond, ceux qui n'ont rien ou pas grand'chose (sauf la solidarité dont parle mon billet...) s'en contre-fichent : ils ne veulent pas de l'espoir mais vivre décemment. C'est finalement tot le combat des Molex, New Fabris et autres Conti qui se sont soulevés pour avoir de l'argent sonnant et trébuchant et non les faux-espoirs à deux balles que sont les plans sociaux et autres promesses de formation. Ces combats ouvriers-là sont donc majeurs en ce qu'ils refusent l'espoir pour entrer dans le réel. La lutte devient alors plus équitable...
Chef d'entreprise moi-même, mon entreprise cotise à la SS...et à une mutuelle , pour les salariés. Le retour sur investissement est trés inégal : pour un euro dans la SS pas beaucoup de remboursement, pour un euro dans la mutuelle remboursement à 100%...c'est ce qui fait douter de l'efficacité du système ..
Et puis, les dépenses de la sécu ,où vont-elles ? Dans la caisse des médecins, des intermédiaires, des entreprises pharmaceutiques : y-a-t-il un lien direct entre le niveau de vie de mon médecin, le nombre de personnes à payer chez les intermédiaires, les profits des entreprises pharmaceutiques, et ma santé personnelle ? J'en doute quand même....je me demande même parfois si mon médecin n'en fait pas un peu trop, si les intermédiaires ne pourraient pas se bouger un peu plus et être moins nombreux, et si les entreprises pharmaceutiques n'en profitent pas un peu trop....
suis je de gauche ou de droite....je n'en sais trop rien; les querelles politiques paraissent loin des réalités pragmatiques
j'aime bien votre blog;
merci
@ Zone Franche : je ne suis pas certain qu'on puisse mesurer un "retour d'investissement" en comparant un système à un autre. La santé est un tout, la question n'est pas de savoir si tel ou tel rembourse mieux. La question plus globale est "comment améliorer la santé des citoyens" et les soigner tous. en tout cas, réaliser un comparatif entre une mutuelle et la sécu est un biais, même si à l'échelle de votre entreprise, c'est naturel : la sécu prend tout le monde, les mutuelles peuvent choisir (en général, si vous avez 80 ans et que vous avez un cancer, une mutuelle ne vous prendra pas...). Et surtout : la sécu n'est pas QUE la branche maladie.
Ceci étant, votre commentaire rappelle que la bonne gestion peut et doit s'appliquer à tous les domaines. Mais améliorer un système, ce n'est pas le démanteler, c'est en analyser les difficultés et les corriger. Il y a quelques pistes dans mon modeste billets, d'autres dans les commentaires des passants et encore bien d'autres ont été évoquées par de nombreux "spécialistes" dans tout le pays.
Votre commentaire rappelle effectivement que les remboursements par la sécu ne sont pas suffisants pour prendre tout en charge et qu'il faudrait donc idéalement augmenter ENCORE les dépenses -exactement à l'inverse des propositions du gouvernement et de ceux qui l'ont précédé !- et donc trouver d'autres recettes.
Pour la sécu, l'heure n'est pas aux économies, mais au contraire à l'amélioration de la prise en charge !
augmenter les dépenses, mais peut-être pas aux frais de ma petite entreprise qui est déjà bien chargée...en plus elle emploie surtout des jeunes pas trés souvent malades, et donc je dois bien payer un peu aussi pour le cancéreux de 80 ans....je suis sûr qu'une réflexion plus intelligente sur "qui doit payer ?" (car il y a aussi des cancéreux de 80 ans trés riches qui ont largement de quoi payer leurs dépenses maladie, alors que les jeunes qui démarrent dans leur job aimeraient bien avoir un peu plus de pouvoir d'achat...) serait bienvenue; les politiques croient parfois que l'argent d'une entreprise tombe tout seul et qu'il n'y a qu'à se servir...qu'ils viennent voir mes clients et prospects avec moi et ils comprendront...
juste un complément lingusitique : dans les textes officiels, on ne parle ni de déficit ni de "trou" (cela eut été incongru) mais de besoin de financement de la Sécurité Social. Pour une analyse appronfondie de ce problème il y a <<Le mythe du "trou de la sécu">> de Julien Duval qui est très éclairant.
http://www.homme-moderne.org/raison...
cordialement,
hatori.
Vous mettez bien en exergue la relation directe qui existe entre la commercialisation de la santé et son impératif de rentabilité. Mais vu que l'éducation suit à son tour le chemin de la privatisation, une conclusion s'impose: il s'agira bientôt de pouvoir répondre Oui à la question "Est-ce que l'éducation est rentable ?" et nous entendrons la droite réclamer la diminution de la période de scolarité obligatoire et la baisse des dépenses d'éducation.
Cela nous apparaît (encore) monstrueux? Pourtant nous nous sommes bien accoutumés au fait que la santé était avant tout une affaire de gros business, avec transformation des médecins et des pharmaciens en représentants de commerce...